Je me sens coupable de ne pas ressentir de tristesse. Mais au fond de moi, je sais que si je ne ressens pas de tristesse, c'est bien parce que je ne réalise toujours pas qu'il est parti et qu'il ne reviendra pas. Il m'arrive encore de penser parfois aux prochaines rencontres en famille et je m'imagine les blagues qu'il aurait fait avec mes autres oncles....avant de réaliser que ça ne se réalisera pas.
Je regrette de ne pas avoir passé plus de temps avec lui lorsqu'il était à l'hopital, même s'il était dans le coma. Selon moi, lorsqu'on est dans le coma, on est conscient jusqu'à un certain point ce qui se passe. J'aurais aimé lui montrer que je me souciais de lui.
Je regrette de ne pas lui avoir parler comme ma grand mère le faisait lorsque je lui ai rendu quelques visites. Je ne lui parlais pas autant que je l'aurais souhaité avant qu'il ne soit à l'hopital. Je me dis souvent que j'aurais du lui parler plus souvent. Je regrette de ne pas lui avoir dit à quel point je l'appréciais.
Je me sens coupable de ne pas avoir verser de larmes aux funérailles. J'avais l'impression de passé pour quelqu'un qui n'avait aucune émotion pour la situation. C'était vrai, je ne ressentais rien. Rien. J'étais sur un autre monde, comme si ma tête avait décider de ne pas accepter sa mort. J'en ai encore de la difficulté à dormir.
Ensuite, vient la colère. Envers ma mère, qui m'a caché ce qui se passait réellement pendant le mois de Juin. Je la remercie cependant malgré tout pour son geste, parce que la fin d'année aurait été encore plus pénible je crois si elle m'en avait fait part.
Puis de la colère envers les médecins. Son cancer était guéri, mais il avait une pneumonie. Certains médecins ont été écartés peut-être trop vite puisqu'ils s'occupaient de son cancer. Cependant, ont-ils été écartés trop tôt? Je le crois. Et s'ils s'étaient surtout concentré sur le problème de son sang avant la pneumonie, est-ce que les choses auraient étés différentes? Trop de si, selon moi, dont je n'aurai jamais les réponses.
De nouveau, ce soir, j'ai l'impression que tout cela n'est qu'un mauvais rêve, que je vais me réveiller et que mon oncle et parain que j'aimais tant sera toujours là...pour réaliser que mon mauvais rêve est maintenant ma réalité. Alors de nouveau, j'éprouve ce soir de la colère, de la culpabilité et des regrets.
Je sais, on me dit de garder les bons souvenirs, de me rappeler les bons moments et tout. Mais ça ne sert pas à grand chose pour le moment. J'ai trop longtemps garder mes sentiments de colère et de rancoeur envers tout, je ne dois plus les ignorer, mais les laisser sortir pour pouvoir les laisser partir.
